« The Voice 5 » : Mika & Florent Pagny interviewés par « TV Magazine »

Dans sa loge des studios du Lendit, où TF1 enregistre The Voice, Florent Pagny attend sagement Mika. Dès que ce dernier arrive, les deux hommes commencent à bavarder, rire, blaguer. Difficile de poser la moindre question… «Je vous ai dit qu’il fallait nous interviewer séparément», s’amuse le coach historique de The Voice. Réunis pour la saison 5 du télécrochet de TF1, les deux artistes buzzent cette année aux côtés de Zazie et Garou. Confidences de deux coachs qui parlent d’une même «voix».

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Avec le départ de Jenifer, vos fauteuils sont voisins. Lors des premiers enregistrements, on a l’impression que vous vous chambrez un peu plus, non?
Florent Pagny – Comme on est l’un à côté de l’autre, c’est plus facile. Puis on se connaît mieux…
Mika – On sait qu’il n’y a jamais d’énergie négative dans ce qu’on se dit avec Florent.
FP – Puis, quand on s’aime bien, on se vanne bien! Il ne faut pas aller trop loin. Mais, normalement, ça va, on encaisse tout.

Quel regard portez-vous l’un sur l’autre?
M – Ce qui est intéressant, c’est que les talents qui sont dans l’équipe de Florent évoluent. Il n’a pas un jugement de snob quand il écoute une voix, et moi je déteste les snobs! Aucun d’entre nous ne l’est. On peut trouver de la valeur dans toute sorte de voix et tout style de musique. Moi-même je suis allé vers des voix plus démonstratives ou plus classiques cette saison, des voix qui normalement ne font pas partie de mon équipe…
FP – L’évolution des talents dans nos équipes vient aussi du jeu. Au bout de trois ans pour Mika et de cinq pour moi, nous commençons à comprendre que le parcours peut presque plus nous amuser avec quelqu’un qui n’est pas aussi proche de ce que nous faisons d’habitude.

Comment sait-on qu’on ne fait pas la saison de trop?
FP – Depuis le début, j’attends que la saison soit passée pour faire un bilan. L’année de trop, il faudra la sentir et ne pas se tromper…
M – Je pense qu’il faut écouter son estomac. Si tu es anxieux, si tu es en train de forcer les choses, si tu penses quelque chose et que tu en dis une autre, alors il faut arrêter! Et il faut toujours avoir une sorte d’excitation, un petit peu peur. Dès qu’on devient blasé, on perd la magie du show et cela ne marche pas.

Qu’est-ce que vous trouvez de plus fort chez l’un et chez l’autre en tant que coach?
FP – Mika a des argumentaires sublimes! Il est très séduisant dans ce qu’il développe. Il a toujours ce côté «proche du coeur», avec de la sensibilité. Moi je suis plus dans des phrases courtes, je vais à ce qui touche le plus vite et au plus profond.
M – Moi, c’est À la recherche du temps perdu, ce sont des pages et des pages d’explications. (Rire.)
FP – Il nous a fait aussi la démonstration que ça ne paie pas toujours…
M – Mais, s’il n’y avait que Florent Pagny, l’émission durerait deux secondes! (Rire.)
FP – S’il n’y avait que moi, ce serait une catastrophe, on est bien d’accord… (Rire.)

Au départ, votre amitié était mal partie: pour son arrivée parmi les coachs, Mika vous avait envoyé un SMS auquel vous n’aviez pas répondu…
FP – Peut-être parce que je savais que j’allais le voir et lui parler…
M – Non, dans la loge, Florent m’avait dit: «Écoute, la prochaine fois, tu dois m’écrire en français». Et c’est vrai que j’avais écrit le SMS en anglais. Je parle le français, mais je l’écris très mal!

Du coup, Mika, étiez-vous sur vos gardes?
M – Non, franchement, avec Florent, c’est simple.
FP – Mais c’est vrai que, quand tu es arrivé, on t’a dit: «Jenifer est très gentille, Garou aussi, mais, celui dont il faut que tu te méfies, c’est Florent». Je t’ai demandé pourquoi…
M – Et je t’ai répondu: «Aucune idée et basta!» Après quelques jours de tournage ensemble, dans la loge, j’ai mis de la musique et je l’ai saisi par les épaules. Là, il m’a regardé et a commencé à danser. Tout le monde a éclaté de rire!
FP – Ben oui, moi, quand je danse… (Rire.)
M – Après, c’était cool, on s’est compris, on s’est vraiment super bien entendus.
FP – Il fallait juste deux pas de danse pour qu’il comprenne que j’étais normal aussi.

Être le coach le plus ancien donne-t-il une certaine autorité , Florent? Vous avez donné quelques conseils à Mika au départ…
FP – Je ne lui donne pas de conseils, je lui dis juste ce que je ressens.
M – La première saison, je disais aux talents: «Vous allez faire des disques». Florent me disait: «Arrête de dire ça, car, s’ils n’en font pas, ils vont être déçus». Il avait complètement raison! Mais, cette inconscience que j’avais, c’était aussi positif. Grâce à cela, j’ai pu écouter un mec comme Kendji et le défendre comme un dingue. On n’aurait jamais pu imaginer ce qui s’est passé après… Si quelqu’un nous avait dit: «Le petit mec qui vient de chanter Bella, dans deux ans, il vendra 1,7 million d’albums», on se serait regardés et on lui aurait dit: «T’as bu ou quoi?» Alors il faut être un peu inconscient.

Un mot sur le retour de Garou?
M – C’est un vrai gentil!
FP – (Avec l’accent québécois.) Mon «Galou». C’est comme s’il n’était jamais parti. C’est un gars juste comme nous: normal!

Source : TV Magazine