Audio : Mika – « Le Goût de M » (Le Monde podcast par Géraldine Sarratia)
Qu’est-ce qu’avoir du goût ? Qui a bon goût, mauvais goût ? Le goût est-il un héritage, le produit d’une éducation, le signe d’une appartenance sociale ? Ou au contraire, le fruit d’une construction personnelle, une mise en scène de soi ? Comment devient-il, au final, inséparable de ce que nous sommes ?
Chaque vendredi, « Le goût de M » part à la rencontre d’une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine, et lui demande de raconter son histoire personnelle du goût. Comment elle l’a constitué, en continuité ou en rupture avec son milieu d’origine, comment il a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences, du goût de l’époque aussi.
« Le goût de M » est le podcast de M, le magazine du Monde, produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal)
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L’album s’intitule Hyperlove. C’est le septième disque de Mika, que l’on a découvert il y a presque vingt ans avec Life in Cartoon Motion, un premier opus qui contenait des tubes planétaires comme Relax, Take It Easy ou Grace Kelly. Des titres aux mélodies entêtantes, empruntant autant aux Beatles qu’à la musique classique. Adolescent tourmenté devenu chanteur surdoué, Mika, 42 ans, s’interroge dans ce disque électropop et dansant – son premier entièrement en anglais depuis My Name Is Michael Holbrook (2019) – sur la manière de trouver une croyance positive dans le monde moderne et sur la façon d’aimer mieux.
Nous sommes allés à sa rencontre dans les locaux de son label, Universal, près de la place du Panthéon à Paris. Il y raconte la genèse de son album, ponctué d’interludes assurés par le réalisateur John Waters, qu’il décrit comme le « roi des freaks, roi de l’alternatif, là où le trash devient sublime et le doux devient terrifiant ». Dans son panthéon d’artistes figurent aussi Prince, Queen et Nina Simone, et surtout l’Américain Harry Nilsson, dont l’album Pandemonium Shadow Show (1967) l’a fasciné par ses accents pop psychédéliques. La même année sortait aussi Bobino 1967, disque d’une chanteuse française qu’il adule : Barbara, qui, selon lui, « métabolise sa tristesse avec la mélodie ».
Dans cet épisode du Goût de M, le chanteur, de nationalités libanaise, américaine et britannique, évoque les lieux de son enfance : une grande maison à Paris, dans le 16ᵉ arrondissement, où sa mère, couturière, travaillait au milieu des machines à coudre, « avec des tissus de toutes les couleurs venant du monde entier : de la soie, de la Chine, des cotons de Damas, des laines de Côme ». Un environnement qui a nourri son goût pour le textile.
Contraints de quitter Paris en raison de difficultés financières, la famille s’installe à Londres, où elle vit dans un bed and breakfast « à la Fawlty Towers », dans le quartier de Pimlico. Rare objet à ne pas avoir été saisi par les huissiers, le piano sur lequel Mika écrit ses premières chansons les suit. Un objet fétiche qu’il possède encore aujourd’hui, tout comme une mallette en cuir où il conservait ses cassettes étiquetées, ses premières compositions, soigneusement classées selon ses émotions.
Source : Le Monde

























